L’usage des drogues dans un cas de mélancolie et les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse

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ARTICLE ORIGINAL

MOTA, Cláudia Nogueira da [1]

MOTA, Cláudia Nogueira da. L’usage des drogues dans un cas de mélancolie et les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse. Revista Científica Multidisciplinar Núcleo do Conhecimento. An 06, Ed. 05, Vol. 06, p. 40 à 50. mai 2021. ISSN: 2448-0959, Lien d’accès: https://www.nucleodoconhecimento.com.br/psychologie-fr/cas-de-melancolie

RÉSUMÉ

Nous partons d’un cas clinique dans lequel, perdu son fils, une femme commence à utiliser de la cocaïne, s’identifiant au fils mort et démontrant l’impossibilité d’effectuer le travail de deuil. De ce cas clinique, plusieurs questions ont été soulevées, y compris le diagnostic différentiel. Après avoir examiné attentivement la théorie du deuil dans Freud et quelques commentaires de Lacan, nous concluons par mélancolie, dont nous passons en revue la théorie clinique avec la psychiatrie classique et la psychanalyse, en nous interrogeant sur la thérapie: quelle modalité de soins, avec une orientation lacanienne, pour des soins brefs qui se déroulent sous l’égide de la réforme psychiatrique. Nous avons vérifié que dans ces institutions la théorie des effets thérapeutiques rapides fournit l’introduction de l’écoute du singulier du sujet. Avec la notion de Cycle, dans la théorie des effets thérapeutiques rapides, le psychanalyste J. A. Miller signale qu’une analyse peut commencer, terminer et redémarrer, en rejouant l’itinéraire.

Mots-clés : Psychanalyse, Cas clinique, Symptôme, Traitement, Réforme psychiatrique.

1. INTRODUCTION

Cet article est issu du mémoire de maîtrise « O recurso às drogas em um caso de melancolia e os efeitos terapêuticos rápidos em psicanálise », sous la direction du Prof Dr. Márcia Rosa Vieira Luchina[2], et discute des défis de la pratique clinique, avec une orientation psychanalytique lacanienne face aux transformations de la demande et à l’émergence de nouveaux symptômes. La toxicomanie se présente comme l’une des voies privilégiées du mal-être contemporain. L’expérience de la drogue révèle un excès de jouissance, qui dépasse les limites du principe de plaisir, procurant une jouissance qui rejette le rapport du sujet au langage.

Le début de l’expérience des soins cliniques, guidé par la psychanalyse lacanienne, s’est produit pour les patients dans le service féminin d’un établissement public d’hospitalisation psychiatrique à Belo Horizonte.

Nous considérons avec Amarante (1995) que la réforme psychiatrique est

un processus de formulation critique et pratique, qui a pour objectifs et stratégies la remise en question et l’élaboration de propositions de transformation du modèle classique et du paradigme de la psychiatrie. Au Brésil, la réforme psychiatrique est un processus qui découle plus concrètement et, principalement, de la conjoncture de la réapparocratisation, à la fin des années 1970. Ses fondements ne sont pas seulement une critique conjoncturelle du sous-système national de santé mentale, mais aussi – et surtout – une critique structurelle de la connaissance et des institutions psychiatriques classiques, au sein de tout le mouvement politique et social qui caractérise la conjoncture de la redéocratisation. (AMARANTE, 1995, p. 87).

Reprenant un peu l’histoire de la politique publique sur l’alcool et les drogues au Brésil, nous ne pouvons manquer de souligner que cette histoire va de pair avec la politique de santé mentale. Avant la réforme psychiatrique, les consommateurs d’alcool et d’autres drogues avaient pour seul destin d’être admis dans des hôpitaux psychiatriques. C’est à partir du mouvement réformateur que des politiques publiques spécifiques ont été mises en place pour ces usagers, comme l’ordonnance 2.197 du 14/10/2002, qui préconise des actions à caractère éducatif et de réadaptation.

Le travail dans une institution permet au psychanalyste d’articuler l’éthique de la psychanalyse avec le domaine de la santé mentale, puisqu’elle est référée à l’institution. Dans un texte très éclairant sur cette question, Psicanálise e Instituição: a segunda clínica de Lacan, lepsychanalyste Zenoni (2000) considère qu’il est plus important que de chercher à connaître le type de psychanalyse pratiqué dans l’institution, de savoir s’il y a une motivation clinique dans l’existence d’une institution. En extrayant les conséquences de cette formulation, il n’y a pas de disjonction entre clinique et établissement, si pour intervenir dans un cas donné, la réponse institutionnelle a été trouvée autant que possible.

C’est la motivation clinique qui, à notre avis, nous permettra de suivre la réponse que le sujet présente comme singulière et imprévue, face au malaise qui l’affecte, qui l’envahit.

Compte tenu de ces considérations entre la clinique psychanalytique lacanienne et l’institution, de nombreuses questions se sont posées liées à la spécificité des soins dans un cas de toxicomanie qui, contrairement aux hospitalisations de longue durée, devrait être effectué rapidement. Pour des raisons méthodologiques, deux questions seront mises en avant comme fil conducteur de ces travaux : la première sur le déclenchement de la toxicomanie et la seconde sur les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse dans les traitements sous l’égide de la réforme psychiatrique.

Nous partirons ensuite pour une analyse plus détaillée des deux raisons méthodologiques mentionnées ci-dessus.

2. DÉCLENCHEMENT DE LA TOXICOMANIE : IMPLICATIONS DANS UN CAS CLINIQUE

Si le psychanalyste français Èric Laurent (2014) nous prévient dans son texte Três observações sobre a toxicomania que nous nous trouvons dans un tout nouveau contexte, par rapport à l’époque de Freud, un autre psychanalyste argentin, Fabián Naparstek (2008), procédant à ce nouveau contexte , différenciera le type de réponse donnée au malaise dans la culture, selon le moment historique. Ainsi, à l’époque de Freud, la drogue occupait la place d’une des solutions possibles pour le sujet face à sa souffrance. Dans la situation contemporaine, en raison des implications de l’incidence du discours de la science et du capitalisme dans la société de consommation, nous avons les lois du marché gérant les offres d’objets (gadgets) qui provoquent une action corrosive sur les valeurs et les idéaux , mais procurent aux sujets un surplus de plaisir. Dans O Seminário, livro 17:o avesso da psicanálise (1969-1970/1992), Lacan anticipait déjà les effets de ces discours :

En effet, il ne faut pas oublier, en tout cas, que la caractéristique de notre science n’est pas d’avoir introduit une connaissance meilleure et plus large du monde, mais d’avoir fait apparaître dans le monde des choses qui n’existaient en aucune façon dans le plan de notre perception. (LACAN, 1969-1970/1992, p. 150)

Parmi les choses qui sont venues émerger dans le monde, la drogue occupe une place parmi les biens du capitalisme et les plus-de-plaisir[3]. Le discours capitaliste, version du discours du maître, structure les relations du monde contemporain.

La faute ne se réfère pas au manque d’être, mais au manque à combler par les objets produits. Les sujets se voient offrir une seule issue, la même que celle indiquée pour tous : tout le monde apprécie la même façon. Ce nouvel ordre mondial fait de la consommation une réponse universelle. Cette réponse universelle par la consommation produit des effets localisés, tels que des phénomènes de ségrégation.

Partant de la question de savoir comment la patiente de notre investigation fait son entrée dans la toxicomanie, nous nous référerons aux psychanalystes d’aujourd’hui, tels que Jacques Alain Miller et Fabián Naparstek, pour nous concentrer sur cette question.

Bien que le thème de la toxicomanie soit actuellement récurrent dans de nombreuses études psychanalystes, on peut encore considérer peu étudié les modalités de soins dans les établissements d’hospitalisation qui sont guidés par les principes de la réforme psychiatrique. Ces établissements se caractérisent par l’assistance aux patients en crise, et l’hospitalisation est brièvement hospitalisée. Cette caractéristique institutionnelle a donné naissance à la spécificité de ce type de soins, qui prône la brièveté de l’hospitalisation. Nous soulevons les questions suivantes:(1) que peut un analyste, guidé par la psychanalyse lacanienne, dans la conduite du traitement? (2) Que peut un analyste dans un établissement de court séjour, dans le soin d’une psychose mélancolique qui utilise le médicament pour anesthésier sa douleur d’exister?

Face aux limitations découlant du temps, nous avons constaté un autre événement: la consommation de drogues illicites régulièrement utilisées par les psychotiques peut opérer masquant le diagnostic, car selon des études psychanalytiques, la drogue peut agir en empêchant le déclenchement de la psychose.

Ainsi, nous partons d’un cas clinique, Léia (nom fictif), une patiente de 45 ans. Avant sa première hospitalisation psychiatrique, Léia affirme avoir bu de la cocaïne pendant quatre ans. Selon ses termes, il justifie son hospitalisation : « J’ai trop bu, j’étais en colère, je me suis battu avec mon copain. » Lorsqu’il fait un reportage sur l’abus de cocaïne, il déclare : « C’est après avoir perdu mon fils qu’il s’est noyé. J’ai commencé à boire, à dépenser tout mon salaire au bar, à rassembler les gens que je connaissais et à prendre au bar, c’était comme une fête. La cocaïne, c’était quand, à sa mort, c’était moi et mon autre fille avec le service d’incendie à l’endroit où il était. Le pompier m’a demandé: « Votre fils a-t-il eu de la drogue? » J’ai dit non. Ma fille m’a appelé et m’a dit qu’il consommait de la cocaïne. Je me suis sentie trahie. J’ai commencé à utiliser de la cocaïne. Je voulais ressentir ce qu’il ressentait.

Ce fragment clinique nous raconte comment la patiente Léia a fait son entrée dans la toxicomanie. Avec la contribution du psychanalyste argentin Fabián Naparstek (2008), nous délimitons le moment ponctuel dans l’économie psychique qui conduit à un choix de l’objet de drogue comme déclencheur de la toxicomanie. Toujours sur ce sujet, Naparstek déclare: « Dans la clinique, il est nécessaire que nous arrivions à un diagnostic qui localise la fonction qui remplit ce médicament pour ce sujet. » (NAPARSTEK, 2008, p. 61).

Pour en revenir au cas clinique, nous voyons que le déclenchement de la toxicomanie chez Léia fait référence à la mort du fils. Ce constat nous fait découvrir le problème du deuil lié à la toxicomanie, et plus particulièrement à la psychose mélancolique.

En raison de la brièveté des soins, effectués en quatre séances, il n’a pas été possible de délimiter le diagnostic structurel. Ce n’est qu’après des recherches dans les archives et les dossiers médicaux que nous avons vérifié que la patiente était retournée à l’hôpital psychiatrique d’autres fois, après sa première hospitalisation, étant suivie au service des urgences et dans un autre service féminin de l’hôpital.

Nous croyons que ces nouvelles données, ainsi que la période de soins effectuée, permettent de retracer le diagnostic structurel, ainsi que la fonction que le médicament y remplit.

Il est important de préciser que même si Léia est restée prise en charge à l’infirmerie féminine où son suivi a été effectué, ce moment correspondait à sa première hospitalisation. Cependant, après son congé, il y a eu de nouvelles hospitalisations dans un autre service.

Des contacts ont également été établis avec des professionnels d’autres établissements de santé mentale où la patiente a été référée après son congé de l’hôpital.

Le cas clinique fait partie d’une situation de deuil qui s’est produite avec ce sujet, c’est-à-dire d’une perte.

Dans ce contexte, l’introduction de la cocaïne est basée sur une perte réelle, la mort de l’enfant. Au moment de la reconnaissance du corps, Léia a appris que son fils consommait de la cocaïne. Connaissant celui-ci qui a eu un impact profond: peu de temps après, Léia commence à abuser de cocaïne, ce qui entraîne sa première hospitalisation.

Cherchant à avoir comme référence la psychiatrie classique pour aborder la mélancolie, Freud utilise le deuil comme modèle et se consacre à la construction d’une hypothèse causale pour les effets psychiques de la mélancolie. Contrairement au deuil, la mélancolie produit une inhibition psychique, un appauvrissement de la pulsion, à cause de laquelle la douleur est produite. Dans ses écrits pré-psychanalytiques, Freud remarque l’éruption d’un trou, d’un trou dans la psyché, qui présente l’impossible à représenter, c’est-à-dire le réel.

Selon la conception freudienne, la mélancolie représenterait une œuvre de deuil qui ne se termine pas. Et la raison de ne pas être conclu, selon la thèse de Freud dans Luto e melancolia (1917[1915]/2010),  est due à l’identification avec l’objet perdu.

Avec Lacan, nous savons que ne pas pouvoir perdre ce qui a été perdu est l’effet de la forclusion, ce qui fait que le sujet rencontre le trou du sens phallique, pointant vers ce qui est de l’ordre de la psychose.

Parce qu’elle n’avait pas les ressources symboliques qui lui permettraient de faire le travail de deuil, Léia s’en tient à l’objet, ce qui rend impossible de l’achever.

Face à la perte du trou réel, nous voyons l’introduction du médicament, obturant la place vide de l’objet perdu.

En ce sens, et le cas le démontre de manière exemplaire, l’objet médicamenteuse éternise la présence de l’objet et, de plus, fonctionne comme un anesthésique pour la douleur de l’existant, une solution qui tient en elle-même une perdition.

3. EFFETS THERAPEUTIQUES RAPIDES EN PSYCHANALYSE

Nous avons constaté que les effets thérapeutiques rapides, situés dans le champ de la psychanalyse appliquée, permettent la praxis du psychanalyste dans d’autres lieux au-delà du setting conventionnel, rendant passionnante la pratique clinique qui interroge la théorie, ce qui, par conséquent, exige, dans le le cas de la psychanalyse, enrichir et préserver le discours inventé par Freud.

Ainsi, le travail du psychanalyste dans un établissement de santé mentale, qui s’adresse aussi aux consommateurs d’alcool et d’autres drogues, consiste à faire ressortir le sujet qui est supplanté par des idéaux qui font partie de l’institution, en définissant ce que le sujet devrait vouloir, en l’aliénant aux règles de l’établissement.

Ne pas céder à ces idéaux est la fonction du psychanalyste, puisque l’éthique de la psychanalyse reposera sur la question du sujet.

En 1918, dans le texte Linhas de progresso na terapia analítica, Freud montre un intérêt pour l’extension de la psychanalyse à d’autres domaines. (FREUD, 1919-1918/1976)

En 1967, dans la Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École, Lacan attire l’attention sur la responsabilité du psychanalyste dans le prolongement de la psychanalyse. (LACAN, 2003).

Jacques Alan Miller (2001), renvoie la discussion sur la différence entre psychanalyse pure et psychanalyse appliquée à la thérapie, précise que cette dernière aurait pour but de traiter la souffrance du symptôme, sans exiger que la procédure soit prise jusqu’au bout, à quel point le psychanalyste est produit.

Les effets thérapeutiques rapides se rapportent à la psychanalyse appliquée. Miller ouvre la discussion sur les exigences de l’effet thérapeutique rapide adressée aux analystes d’aujourd’hui. Défini comme une analyse de réduction, dans cet espace, le sujet est appelé à parler de manière à produire une subjectivation de sa plainte.

Nous croyons que les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse fournissent, dans les institutions de santé mentale, l’introduction de l’écoute du singulier du sujet.

En étant tous traités comme des « drogués », il devient impossible de suivre la trajectoire singulière de la rencontre de chacun de ces sujets avec la drogue.

On a pu voir qu’il n’y a pas de dossier dans le dossier médical du patient Léia concernant l’« élection » de la cocaïne, et qu’il n’y a pas de place dans le discours médical pour le sujet.

À notre avis, il est devenu central dans la direction du traitement de Léia a le fait que la rencontre avec la cocaïne a eu lieu après la mort du fils, concomitant à la découverte qu’il a utilisé cette drogue.

Jacques Alain Miller (2008) définit les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse comme une analyse de réduction, avec la notion de « Cycle » : une analyse peut commencer, finir et redémarrer, refaire ainsi le chemin à un moment nouveau.

On s’attend à ce que le sujet puisse faire une regestion subjective, en relançant à partir de là un nouveau Cycle dans le sens du traitement. Lors de la réalisation d’un Cycle, il doit être considéré comme un travail de subjectivation face à son symptôme et à la perte de jouissance, qui se traduit par un changement subjectif.

Dans le cas clinique en question, il nous a semblé essentiel de localiser la fonction du médicament, pour un traitement psychanalytique à court terme, ce qui a permis à Léia d’essayer d’aborder avec des mots sa perte, une situation auparavant impossible par l’acte de droguer. En plus de son problème avec l’alcool et la cocaïne, quelque chose de nouveau pourrait émerger, quelque chose qui n’a peut-être jamais été dit auparavant, différent de ce que Léia avait dit. Ainsi, il lui était possible de dire que la cocaïne était sa façon de chercher à ressentir ce que son fils ressentait en la consommant. Nous soulignons que ce nouveau quelque chose apporte des effets importants sur le traitement, tels que la clarification du diagnostic, il devient possible de délimiter la position subjective et de percevoir les arrangements possibles qui permettent des formes de stabilisation.

Par conséquent, contrairement à d’autres approches thérapeutiques, selon l’enseignement lacanien, les effets thérapeutiques rapides en psychanalyse cherchent à être guidés en clinique par l’impossible, par le réel, qui se réfère toujours à de nouvelles possibilités de traitement.

4. CONSIDÉRATIONS FINALES

L’intérêt pour le thème de cette recherche, comme mentionné, est parti de la pratique d’un soin dans un service féminin pour les patients hospitalisés dans un hôpital psychiatrique du réseau public de Belo Horizonte. Cet hôpital, guidé par les principes de la réforme psychiatrique, maintient comme l’un de ces principes, la brièveté de la période d’hospitalisation.

Dans la pratique des soins, un nombre important de patients ont été hospitalisés pour abus d’alcool et de drogues. Parmi ces patients, nous avons trouvé Léia, le fil conducteur de notre enquête, qui a abusé de l’alcool et des drogues. Il s’agissait de sa première hospitalisation dans un hôpital psychiatrique, bien qu’il consommait ces substances depuis quatre ans auparavant.

Compte tenu de ce fait, certaines questions se sont posées concernant les modalités de prise en charge des patients qui abusent de l’alcool et des drogues, dans un établissement qui recommande la brièveté de l’hospitalisation. Que serait-il possible de faire, dans un soin guidé par la psychanalyse lacanienne ? Comment sortir du setting analytique, des soins conventionnels, sans compromettre l’éthique de la psychanalyse ?

D’après ce qui a été discuté tout au long de cet ouvrage, la toxicomanie, contrairement au contexte de l’époque de Freud, constitue une réponse donnée au malaise de la culture.

Cependant, dans le contexte contemporain, par le discours de la science et du capitalisme, se forme la société de consommation, qui, à son tour, procure aux sujets un surplus de jouissance, c’est-à-dire qu’elle produit des sujets qui ne sont pas marqués par le désir, le manque, mais par un manque à combler par des objets produits par la science.

Par conséquent, une réponse universelle est offerte à tous, ce qui est la réponse par la consommation. Les drogues, dans ce contexte, deviennent un objet privilégié de jouissance. Cependant, la singularité (quel est le médicament pour ce sujet?) suggère des différences par rapport à son utilisation.

Localiser la fonction du médicament pour le sujet était essentiel pour nous dans un traitement psychanalytique à court terme, comme ceux effectués dans les établissements de santé mentale, où la recherche a été effectuée.

Avec les dossiers médicaux, les discussions cliniques du cas dans les réunions d’équipe et les quatre séances de soins aux patients, en plus du contact avec d’autres services de santé, ces données, recueillies et analysées, étaient d’une importance primordiale pour guider le traitement de Léia, en particulier pour arriver au diagnostic d’une psychose mélancolique.

En favorisant la subjectivité de la patiente, nous avons pu savoir que le moment du déclenchement de la toxicomanie s’est produit avec la mort de l’enfant et la découverte concomitante qu’elle consommait de la cocaïne. Cette découverte, par effet de structure, lui revient de manière dévastatrice, à travers son plaisir drogué.

Nous cherchons, avec des conseils lacaniens, à extraire le sujet de la toxicomanie, c’est-à-dire que ce sera le sujet lui-même qui nous dira comment a été son parcours singulier dans la rencontre avec la drogue. La consommation de cocaïne est délimitée par Léia, à ce moment de la perte de son fils.

Comme un effet thérapeutique rapide, nous pouvons situer le moment où Léia tente de localiser, symboliquement sa perte.

Contrairement à d’autres approches thérapeutiques, selon l’enseignement lacanien, les effets thérapeutiques rapides ne sont pas réduits par les impératifs de résultats à court terme. Dans le cadre de l’évaluation de la thérapeutique par des moyens statistiques ou par des déterminations imposées par l’Autre social, les effets thérapeutiques rapides cherchent à fonctionner avec la clinique, avec les connaissances que le sujet produit.

Au cours de ce travail, des questions subsistaient sur la relation entre la consommation de drogues et le deuil, et au-delà, avec le processus mélancolique.

Si au cours de son compte, Léia ne dit à aucun moment qu’elle veut arrêter d’utiliser le médicament, pouvons-nous considérer le médicament comme un sinthoma? Comment effectuer un traitement du point de vue des effets thérapeutiques rapides, dans un cas qui a une interface entre la psychose et la toxicomanie, avec le croisement de l’autre institutionnel qui détermine la sortie médicale?

Ce sont des questions qui doivent être examinées dans le domaine de la poursuite des recherches.

L’analyste est chargé de fonctionner à partir de l’éthique de la psychanalyse, ne répondant pas par la standardisation, mais en fournissant l’acceptation du singulier et en permettant à chacun d’être responsable de sa façon de profiter.

RÉFÉRENCES

AMARANTE, Paulo. Loucos pela vida: a trajetória da Reforma Psiquiátrica no Brasil. Rio de Janeiro: Editora Fiocruz, 1995.

FREUD, Sigmund. Linhas de progresso na terapia psicanalítica. In: Edição standard das obras completas de Sigmund Freud (Vol. 17). Rio de Janeiro: Imago, 1976. (Trabalho original publicado em 1919/1918).

FREUD, Sigmund. Luto e melancolia. In: Obras Completas (Vol. 12, pp. 170-194). São Paulo: Companhia das Letras, 2010. (Trabalho original publicado em 1917[1915]).

LACAN, Jacques. O seminário, livro 16: de um Outro ao outro. Rio de Janeiro: Jorge Zahar, 2008. (Trabalho original publicado em 1968-1969).

LACAN, Jacques. O seminário, livro 17: o avesso da psicanálise. Rio de Janeiro: Jorge Zahar, 1992. (Trabalho original publicado em 1969-1970).

LACAN, Jacques. Proposição de 9 de outubro de 1967 sobre o psicanalista da Escola. In: LACAN, Jacques. Outros escritos. Rio de Janeiro: Jorge Zahar Ed., 2003.

LAURENT, Èric. Três observações sobre a toxicomania. In: MEZÊNCIO, M., ROSA, M., FARIA, W. (Orgs,). Tratamento possível das toxicomanias com Lacan. Belo Horizonte: Scriptum, 2014.

MILLER, Jacques-Alain. Efeitos terapêuticos rápidos em psicanálise: conversação clínica com Jacques-Alain Miller em Barcelona. Belo Horizonte: Escola Brasileira de Psicanálise, Scriptum, 2008.

MILLER, Jacques-Alain. Psicanálise pura, psicanálise aplicada & psicoterapia. Revista Phoenix, Curitiba, n. 3, 2001.

NAPARSTEK, Fabián y colaboradores. Introducción a la clínica com toxicomanias y alcoholismo. Buenos Aires: Editora grama, 2008.

ZENONI, Alfredo. Psicanálise e instituição: a segunda clínica de Lacan. Belo Horizonte: Abrecampos, 2000, p. 12-93.

ANNEXE – RÉFÉRENCENOTE DE BAS DE PAGE

2. Université fédérale du Minas Gerais, Faculté de philosophie et des sciences humaines, Département de psychologie.

3. Plus-à-apprécier : terme lacanien, formalisé au Seminário, livro 16: de outro a outro (1968-1969/2008). Le concept de « plus-de-la-jouissance » est décrit comme homologue à la valeur ajoutée de Karl Marx, révèle « un de plus », ou une jouissance « excédentaire », qui se présente comme non récupérable par le sujet, dans la mesure où il est perdu.

[1] Doctorant en Psychologie de l’Education – UNINI (Mexique), Master en Etudes Psychanalytiques – FAFICH/UFMG.

Soumis : Mars 2021.

Approuvé : Mai 2021.

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