Évaluation pharmaceutique de la prescription de nutrition parentérale

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SILVA, Alex Sander Lopes da [1], COMARELLA, Larissa [2]

SILVA, Alex Sander Lopes da. COMARELLA, Larissa. Évaluation pharmaceutique de la prescription de nutrition parentérale. Revista Científica Multidisciplinar Núcleo do Conhecimento. Année. 06, Ed. 09, Vol. 01, p. 26 à 40. Septembre 2021. ISSN: 2448-0959, Lien d’accès: https://www.nucleodoconhecimento.com.br/sante/nutrition-parenterale

RÉSUMÉ

La thérapie nutritionnelle parentérale (TNP) est la méthode d’apport nutritionnel utilisée pour les patients cliniquement stables, incapables d’utiliser le tractus gastro-intestinal. Il est accompagné d’une équipe de thérapie nutritionnelle multiprofessionnelle (EMTN), qui doit être composée d’au moins un médecin, d’un nutritionniste, d’un pharmacien et d’une infirmière. Parmi les différentes responsabilités du professionnel pharmaceutique EMTN se trouve l’évaluation pharmaceutique de la prescription de nutrition parentérale (NP) en ce qui concerne son adéquation, sa concentration, sa compatibilité physico-chimique et son dosage d’administration. Cependant, quels critères, protocoles cliniques et normes de concentration des composants du NP, d’interactions physico-chimiques et d’incompatibilités devraient faire partie de la liste des connaissances techniques du pharmacien pour la production d’un NP sûr? Afin de relever ce défi, la présente étude visait à rendre compte des étapes de l’évaluation pharmaceutique de la prescription d’NP, de ses principaux paramètres et points critiques, à travers une revue de la littérature, basée sur des revues, des livres et l’accès à des bases de données de publications universitaires existantes sur Internet. L’évaluation de l’osmolarité, du type d’accès, des macronutriments, des électrolytes, des vitamines, des oligo-éléments, de l’interaction calcium versus  phosphore, de l’interaction calcium versus magnésium et du nombre critique de agrégation (CAN) ont été les défis qui nécessitent une attention particulière lors de l’évaluation pharmaceutique de la prescription de NP.

Mots-clés : nutrition parentérale, évaluation, prescription, pharmaceutique.

1. INTRODUCTION

Parmi les nombreuses activités de soins pharmaceutiques se trouve l’analyse de la prescription médicale, une activité indispensable pour le pharmacien et la bonne performance dans les soins de santé des patients. Il s’agit d’une analyse détaillée de la prescription, en observant les paramètres de l’indication thérapeutique, la posologie des articles prescrits, les interactions médicamenteuses, les interactions entre les aliments et les médicaments, la voie d’administration et les analyses de formule, l’analyse des paramètres pharmacotechniques, physico-chimiques et de compatibilité et de stabilité (BRASIL, 1973; BRASIL, 1998).

L’analyse de l’ordonnance conserve son importance et prend ses propres nuances dans la thérapie nutritionnelle parentérale (TNP), dans laquelle les soins pharmaceutiques s’expriment à travers les étapes pertinentes à l’évaluation pharmaceutique, à la manipulation, au contrôle de la qualité, à la conservation et au transport (BRASIL, 1998).

Le Ministère de la santé définit la nutrition parentérale (NP), par l’ordonnance 272/1998, comme une solution ou une émulsion, composée essentiellement de glucides, d’acides aminés, de lipides, de vitamines et de minéraux, stériles et pyrogènes, emballés dans un récipient en verre ou en plastique, destinés à l’administration intraveineuse chez les patients malnutris ou non, à l’hôpital, en ambulatoire ou à la maison, visant à la synthèse ou à l’entretien des tissus, organes ou systèmes (BRASIL, 1998).

Dans ce contexte, l’évaluation pharmaceutique de la nutrition parentérale est l’analyse de la prescription / formulation, en ce qui concerne sa concentration, la compatibilité physico-chimique de ses composants et son dosage. Il s’agit d’une activité exclusive du professionnel pharmaceutique, extrêmement importante pour le TNP et pour le bon déroulement des soins offerts par l’équipe multidisciplinaire aux patients subissant une thérapie nutritionnelle parentérale (TNP) (BRASIL, 1998).

L’évaluation pharmaceutique de la nutrition parentérale est une étape très importante du TNP, car elle peut être vérifiée et corrigée toute irrégularité dans la prescription, empêchant la manipulation d’une NP inadéquate. Le professionnel pharmaceutique doit être conscient des paramètres à analyser et, principalement, des incompatibilités physico-chimiques potentielles qui rendent impossible la production d’un NP sûr.

Cependant, quels critères, protocoles cliniques et normes de concentration des composants du NP, d’interactions physico-chimiques et d’incompatibilités devraient faire partie de la liste des connaissances techniques du pharmacien pour la production d’un NP sûr? Afin de relever ce défi, la présente étude visait à rendre compte des étapes de l’évaluation pharmaceutique de la prescription de NP, de ses principaux paramètres et points critiques.

2. DÉVELOPPEMENT

2.1 MÉTHODOLOGIE

Le présent travail a été construit à partir d’un examen complet de la littérature, à travers des livres spécialisés, des sites avec des bases de données de production académiques et scientifiques, tels que Scielo, en plus d’une vaste consultation de toutes les lois pertinentes sur le sujet, telles que les ordonnances du ministère de la Santé, les lois fédérales et les recommandations de l’ANVISA et du Conseil fédéral de pharmacie (CFF).

2.2 RÉSULTATS ET DISCUSSION

2.2.1 LA PERFORMANCE DU PHARMACIEN DANS L’ÉQUIPE MULTIDISCIPLINAIRE DU TNP

Le TNP est l’ensemble des procédures thérapeutiques pour maintenir ou récupérer l’état nutritionnel des patients par NP et ne peut se produire que par le suivi d’une équipe de thérapie nutritionnelle multiprofessionnelle (NME), composée d’au moins un professionnel de la santé, d’un pharmacien, d’une infirmière et d’un nutritionniste, qualifiés et avec une formation spécifique pour la pratique de la thérapie nutritionnelle (BRASIL, 1998).

L’importance de l’EMTN est mondialement acceptée et il existe des recommandations, à la fois techniques et juridiques, selon lesquelles la thérapie nutritionnelle, en particulier le TNP, ne devrait pas avoir lieu sans une surveillance constante de tous les professionnels impliqués. La standardisation des protocoles cliniques par EMTN, dans les unités qui assurent la TNP et le suivi constant des patients par EMTN sont essentiels pour le succès du traitement, notamment en ce qui concerne sa sécurité et il devrait y avoir des protocoles spécifiques pour les patients néonatals, pédiatriques, adultes et patients. dans des situations spécifiques, telles que les hépatopathies et les néphropathies, compte tenu des particularités des organismes aux différents stades de la vie et des complications cliniques qui peuvent être présentes (LEITE et al., 2005; GULIN; LOPEZ GARCIA, 2010; GUIMARÃES, 2011; BERMUDEZ; SANABRIA; VEIGA, 2013; PINTO; CASTRO; REIS, 2015; SCHOENENBERGER; RODRIGUEZ, 2015).

Les attributions du professionnel pharmaceutique à l’EMTN comprennent, depuis la sélection, l’approvisionnement, le stockage et la distribution de tous les produits nécessaires à la préparation du NP, jusqu’à la supervision des routines opérationnelles de préparation (BRASIL, 1998).

Pour ce faire, cela fait aussi partie de leurs responsabilités, la qualification des fournisseurs; la surveillance des certificats et des rapports d’analyse des fabricants; l’évaluation de la formulation de la prescription médicale; l’utilisation de techniques prééconnues de préparation du NP qui assurent la compatibilité physico-chimique, la stérilité, la pyrogénicité et l’absence de particules; la détermination de la durée de conservation de chaque NP standardisé, sur la base de critères stricts de contrôle de la qualité; l’échantillonnage correct pour l’analyse microbiologique; l’étiquetage correct du produit fini; l’analyse des effets indésirables et des interactions médicament-nutriment et nutriment-nutriment, à partir du profil pharmacothérapeutique enregistré; la formation, la formation continue et la supervision attentive des employés dans le secteur de la manutention / pharmacie, en plus de la tenue des dossiers juridiques obligatoires, tels que la date et l’heure de la préparation de l’NP, le nom complet du patient, l’identification (nom et enregistrement) du médecin et du manipulateur (BRASIL, 1998).

2.2.2 APERÇU DE L’ANALYSE DES PRESCRIPTIONS NUTRITIONNELLES PARENTÉRALES

L’évaluation pharmaceutique de la prescription de NP est une activité obligatoire, conformément à la législation brésilienne et spécifiée dans l’ordonnance 272/1998 du ministère de la Santé:

L’évaluation pharmaceutique de la prescription de NP en ce qui concerne son adéquation, sa concentration et sa compatibilité physico-chimique de ses composants et la posologie de l’administration doit être effectuée par le pharmacien avant le début de la manipulation. Toute modification de l’ordonnance, qui est nécessaire, selon l’évaluation pharmaceutique, doit être discutée avec le médecin de l’équipe responsable de sa modification formelle (BRASIL, 1998).

Dans ce contexte, il appartient au professionnel pharmaceutique d’évaluer l’article de prescription par article, en plus de la stabilité physico-chimique du mélange résultant, de discuter avec le professionnel de la santé des ajustements appropriés et, le cas échéant, de l’accord qui en résulte, de demander une nouvelle ordonnance avec les modifications apportées (BRASIL, 1998).

Il est très important que cette étape soit effectuée avec un soin total et une interaction entre le EMTN. Il s’agit de connaissances empiriques et également démontrées par des études (GUIMARÃES, 2011) qu’il existe des non-conformités dans la grande majorité des prescriptions de NP et c’est dans l’évaluation de la prescription pharmaceutique que ces non-conformités peuvent être observées et corrigées avant la manipulation de NP.

La première étape de la prescription de NP est l’évaluation de l’état nutritionnel du patient et de ses fonctions cliniques vitales, car l’NP ne doit être initiée que chez les patients ayant des fonctions vitales stables et avec un traitement minimum prévu pendant trois jours pour les patients souffrant de malnutrition et cinq jours pour les patients eutrophes, tractus gastro-intestinal pour justifier le rapport bénéfice/risque du traitement (FERRERIA, 2007). En outre, il est important que le NP soit initié avec 30% à 50% des besoins nutritionnels estimés, progressant progressivement jusqu’à 100% entre 48 et 72 heures après le début du traitement, afin de réduire les risques de troubles métaboliques, en particulier de syndrome de rétroaction, en particulier chez les personnes hypermétaboliques avec un starion sévère (CALIXTO-LIMA et al., 2011, p. 35). Cette étape doit être effectuée par le nutritionniste et l’infirmière nutrologue du REM et examinée par le pharmacien lors de l’évaluation de l’ordonnance.

2.2.3 ÉVALUATION DE L’OSMOLARITÉ ET DE L’ADÉQUATION AU TYPE D’ACCÈS

L’osmolarité est la concentration de particules actives dans la solution, c’est-à-dire de particules capables d’exercer une pression osmotique, par litre de solution (BAXTER; WAITZBERG; RODRIGUES, 2000, p. 659). Il existe plusieurs formules pour calculer l’osmolarité finale du NP, cependant, la méthode la plus précise consiste à vérifier les informations fournies par chaque fabricant pour chacun des composants à insérer dans la formulation, puis à ajouter la contribution individuelle de chacun d’eux, car l’osmolarité varie en fonction des différences, même minimes, composants des insums (CALIXTO-LIMA et al., 2011, p. 58).

Il n’y a pas de consensus sur ce qu’est l’osmolarité optimale maximale pour la perfusion de NP via un accès périphérique (veines de petit calibre, généralement dans le bras). Certains auteurs suggèrent 600 mOsmol/L (SOUZA, 2008, p.278-89), tandis que d’autres considèrent qu’il est acceptable jusqu’à 900 mOsmol/L pour la perfusion de NP dans l’accès périphérique (COSTA, 2014, p.38).

Dans la pratique clinique, l’équipe multidisciplinaire définit la norme pour l’établissement qu’elle représente, dans les limites scientifiquement établies. Une fois le point de coupure défini, entre 600 et 900 mOsmol/L, cela devient la norme institutionnelle pour définir le type d’accès acceptable pour NP. Il appartient au professionnel pharmaceutique de calculer avec précision l’osmolarité finale de la solution de NP et, si l’osmolarité est supérieure à celle définie pour l’accès périphérique, discuter avec le EMTN de l’échange d’accès du patient au type central (cathéter inséré dans une grosse veine, généralement la veine cave supérieure) ou, si cela n’est pas possible, demander au médecin prescripteur d’adapter l’ordonnance de manière à ce que l’osmolarité s’adapte à l’accès périphérique, suggérant des ajustements minimaux qui le permettent, comme une légère diminution de l’apport en glucose et en acides aminés, par exemple.

2.2.4 ÉVALUATION DES MACRONUTRIMENTS

Les acides aminés, le glucose et l’émulsion lipidique sont considérés comme des macronutriments dans le NP lorsqu’ils sont présents. Ce sont les éléments qui contribueront à la contribution énergétique du patient (CALIXTO-LIMA et al., 2011, p. 58). Le calcul de la valeur énergétique totale (VET) est effectué par le nutritionniste ou le nutritionniste du nutrologue emTN et cet apport calorique est divisé en prescription par l’approvisionnement en macronutriments. Si le patient a besoin d’un gain de poids / masse corporelle, le médecin prescripteur déterminera un apport calorique en NP supérieur à l’VET, ce qui rend l’apport calorique supérieur à la dépense énergétique.

Le graphique 1 illustre la recommandation de prescription de macronutriments pour les patients adultes en TNP. Il est important de souligner que les valeurs dépendent de la tolérance individuelle de chaque patient et que des valeurs inférieures ou supérieures ne représentent pas une erreur de prescription, à condition qu’elles se produisent par le biais d’une justification clinique plausible.

Tableau 1 : Prescription recommandée pour les patients adultes en nutrition parentérale

MACRONUTRIMENTS PATIENT SÉVÈRE PATIENTS STABLES
PROTÉINE 1,2 à 1,5 g/kg/jour 0,8 à 1 g/kg/jour
GLUCIDES ≤ 3mg/kg/min ≤ 5mg/kg/min
LIPIDE 1g/Kg/jour 1 à 2 g/kg/jour

Source : Calixto-Lima et al., 2011, p. 36

Il existe des solutions spéciales d’acides aminés sur le marché pour les patients néphropathiques, uniquement avec des acides aminés essentiels et de l’histidine, des solutions spéciales pour les patients hépatopathiques, avec une diminution du pourcentage d’acides aminés aromatiques et des solutions spéciales d’acides aminés pour les patients néonatals et pédiatriques, avec un profil de lait maternel. Il est important que la solution d’acides aminés dans le NP corresponde aux besoins cliniques du patient et que des solutions spécialisées pour les néphropathes, les hépatopathes et les solutions pédiatriques soient utilisées lorsqu’il s’agit du profil du patient, afin d’assurer une plus grande sécurité et efficacité en thérapie (CALIXTO-LIMA et al., 2011, p. 6).

La glutamine, l’acide aminé le plus abondant dans le plasma et le substrat principal des cellules immunitaires et des entérocytes, est un acide aminé considéré comme conditionnellement essentiel dans les processus cataboliques et peut être administré dans des solutions de dipeptides physico-chimiquement stables (FERREIRA, 2007; CALIXTO-LIMA, 2011). Il n’y a pas suffisamment de preuves scientifiques pour l’utilisation systématique de la glutamine dans l’NP, cependant, les patients souffrant de brûlures et de traumatismes bénéficient largement de son utilisation, avec un taux plus faible de complications infectieuses et une réduction significative du temps d’hospitalisation dans ces cas (FERREIRA, 2007).

2.2.5 ÉVALUATION DES ÉLECTROLYTES

Les électrolytes sont essentiels au maintien de l’équilibre osmotique, de l’équilibre acido-basique, ainsi que de diverses fonctions cellulaires et doivent être présents, à des doses thérapeutiques, quotidiennement dans le NP, afin de maintenir l’homéotase.

Les besoins de chaque patient pour chacun des électrolytes disponibles doivent être soigneusement évalués à l’aide de leurs antécédents cliniques. Les comorbidités, l’état des fonctions hépatiques et rénales, l’interférence des médicaments utilisés par le patient dans la concentration plasmatique d’électrolytes (l’hydrochlorothiazide provoque un épuisement plus important du potassium, par exemple), les affections cardiaques et respiratoires, ainsi que les pertes extrarénales telles que la diarrhée et les émèses (CALIXTO-LIMA et al., 2011, p. 22).

Il existe des normes pour déterminer la prescription d’électrolytes individualisés pour les patients adultes, pédiatriques et néonatals, chacun avec ses limites respectives de recommandation quotidienne. Le schéma électrolytique pour les patients adultes, sans dysfonctionnement organique associé et sans perte considérable d’électrolytes par voies extrarénales est présenté dans le graphique 2.

Tableau 2 : Recommandations quotidiennes en matière d’électrolytes

ÉLECTROLYTE RECOMMANDATION / JOUR
Calcium 10 à 15 mEq
Magnésium 8 à 20 mEq
Phosphate 20 à 40 mMol
Sodium 1 à 2 mEq/Kg + remplacement
Potassium 1 à 2 mEq/Kg
Acétate au besoin pour maintenir l’équilibre acide basique
Chlorure au besoin pour maintenir l’équilibre acide basique

Source : Calixto-Lima et al., 2011, p. 23

Il est important de souligner que les limites de dosage des modèles de prescription peuvent et doivent être dépassées, s’il y a un besoin clinique signalé par le médecin prescripteur, comme une hypokaliémie sévère, entre autres. Il appartient au pharmacien d’évaluer si les recommandations posologiques sont suivies ou, si ce n’est pas le cas, de vérifier auprès du médecin prescripteur la présence réelle d’un besoin clinique de doses non normalisées afin d’assurer l’innocuité des patients utilisant le TNP (BRASIL, 1998).

Le fer n’est pas ajouté au NP et doit être administré séparément par voie intraveineuse, en raison de sa réactivité chimique élevée avec les autres composants de la formulation, qui peuvent fournir la formation de quelates, en plus de provoquer une instabilité dans l’émulsion lipidique (FERREIRA, 2007).

2.2.6 ÉVALUATION DES OLIGO-ÉLÉMENTS ET DES VITAMINES

Les oligo-éléments ou oligo-éléments sont des minéraux qui agissent comme des co-facteurs enzymatiques. Sans être associées à ces micronutriments, de nombreuses enzymes perdent leur rôle de catalyseur pour les processus biochimiques et l’ensemble du fonctionnement du corps est compromis. Ces minéraux doivent être ajoutés au NP à des doses et des présentations qui n’altèrent pas la stabilité physico-chimique de la solution (CALIXTO-LIMA, 2011, p.26). Ils doivent également être surveillés en permanence, principalement en ce qui concerne le phosphore, le magnésium et le zinc, afin, si nécessaire, d’ajuster l’approvisionnement afin de maintenir des taux sériques normaux (FERREIRA, 2007). La recommandation quotidienne de l’apport d’oligo-éléments dans l’NP chez les patients adultes est présentée dans le graphique 3.

Tableau 3 : Recommandation d’oligo-éléments pour les patients adultes en nutrition parentérale

OLIGO-ÉLÉMENT RECOMMANDATION / JOUR
Zinc 2,5 à 5 mg/jour
Cuivre 0,3 à 0,5 mg/jour
Chrome 10 à 15μg/jour
Manganes 60 à 100μg/jour

Source : American Society for Parenteral and Enteral Nutrition, 1998, par Calixto-Lima et al., 2011, p. 26

Les vitamines sont des substances essentielles au métabolisme et le corps ne peut pas synthétiser, et devrait donc les obtenir à partir de l’alimentation. Les besoins en vitamines des patients gravement malades ne sont pas bien établis (FERREIRA, 2007), mais il existe des recommandations quotidiennes pour les patients adultes (MARCHINI, 1998) dans le graphique 4.

Tableau 4 : Doses recommandées de vitamines chez les patients adultes

VITAMINE DOSE/JOUR
Vitamine A 1 000 μg
Vitamine B1 3 mg
Vitamine B12 5μg
Vitamine B2 3,6 mg
Vitamine B6 4 mg
Vitamine C 100 mg
Vitamine d 5 à 10μg
Vitamine e 10 à 15 mg
Vitamine k 200μg

Source: Adapté de Marchini, 1998.

Il est important de souligner que la vitamine K n’est pas présente dans les multivitamines que nous avons sur le marché pour une utilisation dans le NP, car elle peut provoquer de graves changements chez les patients utilisant des anticoagulants. De plus, la vitamine K inactive habituellement la vitamine C, tout comme la vitamine B12 (SPOLIDORO, 2000). Si nécessaire, la vitamine K doit être fournie par un autre moyen (FERREIRA, 2007).

S’il est standard de l’institution manipulatrice de produire du NP dans deux sacs, séparant le sac de l’émulsion lipidique des autres composants, il est également suggéré de séparer les oligo-éléments des vitamines, car le cuivre et le zinc peuvent dégrader la vitamine C. Cette réaction peut être perçue visuellement, si elle se produit, par une coloration bleuâtre dans NP (SPOLIDORO, 2000).

En raison de l’inactivité de la vitamine B12 dans le NP chez les patients sous TNP prolongé, il est conseillé d’administrer la vitamine B12 par voie intramusculaire 100 mg / mois ou 300 mg tous les 3 mois (SPOLIDORO, 2000).

2.2.7 ÉVALUATION DU RAPPORT CALCIUM X PHOSPHORE

On sait que les ions calcium et les ions phosphate, à partir d’une certaine concentration critique en solution, ont tendance à se regrouper en formant du phosphate de calcium, un précipité insoluble. Cela se produit principalement lorsque le phosphore est fourni sous forme de phosphate de potassium, ce qui laisse le phosphate libre pour l’apparition de la réaction chimique de précipitation. Un rapport idéal de 1,7 mg de calcium pour chaque milligramme de potassium est considéré comme maximal, avec la somme des concentrations de calcium et de phosphore à 40 mEq/L ou un rapport Calcium x Phosphore égal à 250mEq/L. Des valeurs plus élevées sont très révélatrices de l’apparition d’une instabilité physico-chimique par la formation de précipité de phosphate de calcium, ce qui rend impossible la manipulation de la prescription par instabilité physico-chimique de la solution résultante. L’apport de potassium sous forme de glycérophosphate de potassium ne laisse pas les ions phosphate libres pour que la réaction de précipitation au calcium se produise et dispense des calculs de stabilité physico-chimique par rapport à ce paramètre (SPOLIDORO, 2000).

2.2.8 ÉVALUATION DU RAPPORT CALCIUM X MAGNÉSIUM

La relation entre les ions Calcium et les ions Magnésium est également un facteur à surveiller pour assurer la stabilité de la solution NP. On sait qu’un rapport Calcium + Magnésium supérieur à 16 mEq/L tend à déstabiliser l’émulsion lipidique par pression ionique ou neutralisation des charges émulsifiantes lipidiques, forçant l’ouverture et l’agrégation des micelles, avec pour conséquence la séparation de la phase huileuse de la phase aqueuse de la solution (Souza, 2008 ; SPOLIDORO 2000).

2.2.9 ÉVALUATION DU NOMBRE D’AGRÉGATION CRITIQUE (CAN)

Le nombre d’agrégation critique, également connu sous le nomde CAN (Critical Number Aggregation), est l’un des paramètres qui évaluent la possibilité de séparation de phase ou de rupture de la solution NP. Il est calculé par la formule de Shultz-Hard :

CAN = (A + 64 x B + 729 x C) x 1000 / Volume total de NP, où: A = concentration de cations monovalents en mMol/L

B = concentration de cations bivalents en mMol/L C = concentration de cations trivalents en mMol/L

Dans ce calcul, tous les ions pouvant neutraliser les charges émulsifiantes présentes dans l’émulsion lipidique, favorisant une augmentation de la taille des micelles, voire la séparation totale des phases aqueuse et huileuse sont considérés, en fonction de leur valence chimique pour cela, comme étant recommandés une valeur comprise entre 400 et 700 mMol/L (GASTALDI, 2009). Des valeurs de CAN supérieures à 700 empêchent la manipulation, et le médecin prescripteur doit être informé du fait et de la prescription pour être adéquate au paramètre avec réduction ionique, en particulier les dilates, telles que le calcium et le magnésium, afin de promouvoir une production sûre de NP (GASTALDI, 2009).

3. CONSIDÉRATIONS FINALES

L’évaluation pharmaceutique de la prescription nutritionnelle parentérale est une étape critique de la TNP, est obligatoire selon la législation brésilienne et recommandée par toutes les grandes institutions mondiales liées à la santé.

Il appartient au professionnel pharmaceutique, en tant que membre actif de l’EMTN, de procéder à une évaluation rigoureuse de la prescription médicale, en empêchant la manipulation de NP inadéquats, en ce qui concerne la concentration, la compatibilité physico-chimique de ses composants et le dosage de l’administration, la signalisation et la discussion avec le médecin prescripteur des changements nécessaires à la production d’un NP sûr et efficace pour le patient en TNP, obtenir une ordonnance appropriée pour le traitement avant de commencer la manipulation.

La création et la normalisation de protocoles dans les unités qui fournissent le service de TNP, en suivant les recommandations scientifiques connues, une bonne interaction entre les professionnels de l’EMTN, une formation et une amélioration constantes, sont les principaux moyens d’augmenter l’efficacité et, principalement, la sécurité de la thérapie nutritionnelle dans son ensemble, y compris l’évaluation pharmaceutique de la prescription de NP.

RÉFÉRENCES

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[1] Master en Sciences Pharmaceutiques (PPGFARMA, UNEB); spécialiste en pharmacie hospitalière (Uninter); spécialiste en gestion de la qualité et de l’environnement (Uninassau); baccalauréat en pharmacie avec qualification en industrie (UFVJM).

[2] Conseiller d’orientation.

Soumis : Mars 2021.

Approbation : Septembre 2021.

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