Profil sociodémographique des soins infirmiers intensifs et de ses relations avec l’engagement et le workaholism

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ARTICLE ORIGINAL 

LIMA, Douglas Bertoloto [1], FREITAS, Clarissa Pinto Pizarro de [2]

LIMA, Douglas Bertoloto. FREITAS, Clarissa Pinto Pizarro de. Profil sociodémographique des soins infirmiers intensifs et de ses relations avec l’engagement et le workaholism. Revista Científica Multidisciplinar Núcleo do Conhecimento. An 05, Ed. 12, Vol. 05, pp. 206-220. décembre 2020. ISSN: 2448-0959, Lien d’accès: https://www.nucleodoconhecimento.com.br/sante/lengagement-et-le-workaholism

RÉSUMÉ

Le but de cette étude était d’analyser comment les variables sociodémographiques expliquent les niveaux d’engagement et de workaholism dans le travail des professionnels intensivistes de soins infirmiers. Une étude exploratoire avec une approche quantitative des données a été adoptée comme méthode, menée auprès d’un échantillon non probabiliste de professionnels des soins infirmiers travaillant dans les services de soins intensifs pour adultes dans les hôpitaux publics et privés de l’État de Rio de Janeiro. Des analyses descriptives des participants et des corrélations Pearson ont été effectuées entre les variables explorées dans le cadre de la version 19.0 de Software Statistical Package for Social Sciences. Les résultats ont montré que les variables sociodémographiques étaient faiblement liées ou même non liées à l’engagement et au workaholism. On a conclu que la charge de travail hebdomadaire était positivement liée aux niveaux de rémunération des participants, et ce, à leur scolarité. On a également observé que les niveaux d’instruction des professionnels intensivistes en soins infirmiers n’établissaient pas de relation statistiquement significative avec les indices d’engagement des participants.

Mots-clés: Soins infirmiers, soins intensifs, engagement, workaholism, Santé au travail.

1. INTRODUCTION

Dans la société d’aujourd’hui, les gens investissent une grande partie de leur temps consacré au travail, ou même à la préparation à cette fin. Le travail occupe une place centrale dans la vie des individus et est considéré comme une activité saine, capable de donner aux gens des sentiments de bien-être, de bonheur et de satisfaction, mais la relation du travailleur avec leur travail peut également entraîner des résultats négatifs (DUARTE, 2018). Les résultats qui arriveront au travailleur peuvent être le résultat de deux états distincts de bien-être affectif.

Depuis le début des études qui l’entourent, il y a eu de nombreuses dénominations au sujet de la construction du bien-être social, à partir des années 1960. Le bonheur, la satisfaction et les affections positives comptent parmi les désignations les plus courantes dans la littérature. Le bien-être est lié à la façon dont les gens pensent et à ce qu’ils pensent de leur vie, étant structurés par des composantes affectives et cognitives. La composante affective est liée à des émotions, comme le plaisir et le mécontentement, et cognitive permet à l’individu une analyse plus holistique de sa vie (RYAN et al., 2001). Nous discuterons ici de deux formes distinctes de bien-être affectif au travail, d’engagement et de workaholism.

L’engagement est défini comme un état psychologique positif par rapport au travail, caractérisé par la vigueur, le dévouement et l’absorption. L’engagement au travail est considéré comme une façon agréable que les gens éprouvent lorsqu’ils font face à leur travail, culminant avec un meilleur rendement et des résultats organisationnels. Les professionnels engagés sont motivés et avec l’initiative pour le travail et cherchent à adapter les difficultés de l’environnement de travail, quelque chose d’essentiel pour les professionnels de soins infirmiers travaillant dans des environnements de soins intensifs (SCHAUFELI, 2017).

Cependant, ce dévouement peut atteindre le chemin de l’exagération, conduisant l’individu à une vie centrée sur le travail et une plus grande implication dans l’organisation, générant des pertes à caractère personnel. Le terme bourreau de travail est utilisé pour décrire cette implication excessive dans le travail. L’association positive entre burnout et workaholism est décrite dans la littérature (ZEIJEN et al., 2018).

Le syndrome de burnout est une réponse au stress professionnel chronique, caractérisé par l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et l’épanouissement professionnel réduit (SCHAUFELI, 2017). Dans le contexte du travail infirmier, les professionnels directement impliqués dans la prise en charge des patients sont les plus touchés par ce syndrome. Le burnout et l’engagement sont considérés comme des concepts opposés et doivent même être mesurés indépendamment (ROTTA et al., 2019). Sur la base de ces affirmations, l’hypothèse 1 de cette étude est configurée: la variable sociodémographique «scolarisation» sera positivement associée aux taux d’engagement.

Parmi les professionnels de la santé, ce sont les travailleurs infirmiers qui passent la plupart de leur temps du côté des patients, étant présents et éprouvant les situations les plus diverses et les plus complexes. La charge de travail hebdomadaire excessive, la rareté des ressources humaines et matérielles, les relations conflictuelles et l’ambiguïté des rôles, la réduction de la perception et du soutien social sont les facteurs de stress les plus courants dans le milieu de travail de ces professionnels (FANG, 2017).

Les conditions de travail des professionnelles en soins infirmiers peuvent être examinées selon le modèle de demande et de ressources (Job Demands and Resources Model – JDR). Le modèle des demandes de travail et des ressources propose que les environnements de travail peuvent initier deux processus distincts, celui du compromis sur la santé et celui de la motivation. Le processus de motivation commence par des ressources de travail adéquates, qui encouragent les employés à atteindre leurs objectifs liés au travail. En revanche, le processus d’engagement en matière de santé commence par des exigences de travail constamment élevées qui peuvent épuiser les ressources énergétiques des employés, entraînant de la fatigue et des problèmes de santé (BAKKER et al., 2017).

L’unité de soins intensifs se compose d’un environnement pour la permanence des patients gravement malades qui ont besoin de professionnels ayant des compétences spécifiques. La performance des professionnels des soins infirmiers dans cet environnement peut avoir un coût émotionnel, physique et psychique élevé, ce qui entraîne des individus épuisés, moins tolérants et irritables (SOUZA et coll., 2019).

Une étude élaborée dans un contexte national a démontré que la main-d’œuvre infirmière est relativement jeune et continue de rajeunir. Les données affirment que 40 % du nombre de personnes interrogées se situe entre 36 et 50 ans et que 38 % font partie du groupe d’âge entre 26 et 35 ans (MACHADO et al., 2016).

L’âge est considéré par certains auteurs comme un facteur prédictif pour l’apparition du workaholism, associant la jovialité comme attribut pour favoriser l’incapacité d’arrêter de travailler. De ce point de vue, il est suggéré que le workaholism diminue à mesure que l’individu devient plus expérimenté, évolue dans la carrière ou établit même des relations (ZEIJEN et al., 2018). Ces déclarations ont stimulé la création de la deuxième hypothèse proposée : la variable sociodémographique « âge » sera positivement associée aux niveaux de workaholism.

La journée de travail est quelque chose d’inhérent à la vie de tout travailleur, cependant, dans certains pays, des études montrent que les travailleurs infirmiers ont de longues heures de travail, ce qui est associé à des facteurs tels que les bas salaires augmentent la perception des exigences physiques et émotionnelles (OLIVEIRA et al., 2018). Au fil des ans, de nombreuses définitions ont émergé cherchant à conceptualiser le workaholism, la plupart d’entre eux ont cherché à associer cette construction exclusivement avec le nombre excessif d’heures travaillées chaque semaine.

Plus récemment, le workaholism a été compris comme un phénomène psychosocial aux multiples facettes, composé des dimensions du travail compulsif et du travail excessif, où le professionnel a du mal à arrêter de penser à son travail ou même à s’en éloigner physiquement (SCHAUFELI, 2017).

Les professionnels du workaholics ne peuvent résister à l’envie compulsive de travailler, à la différence des travailleurs engagés, qui perçoivent le travail comme stimulant et joyeux (ROTTA et al., 2019). Ce scénario a donné lieu à la troisième hypothèse explorée: la variable sociodémographique «charge de travail hebdomadaire» n’établira pas d’associations statistiques significatives avec les niveaux de workaholics et d’engagement.

Bien que son importance soit reconnue, il est noté qu’il existe une pénurie d’études sur ce sujet impliquant des professionnels intensivistes en soins infirmiers, en particulier dans le scénario national. Et face à cette réalité, nous nous demandons : y a-t-il une relation entre les caractéristiques sociodémographiques et les niveaux de bien-être dans le travail des professionnels intensivistes en soins infirmiers ?

Compte tenu de ces questions, le but de cette étude était d’analyser comment les variables sociodémographiques expliquent les niveaux d’engagement et de workaholism dans le travail des professionnels intensivistes de soins infirmiers.

2. MÉTHODE

Il s’agit d’une étude exploratoire, avec une approche quantitative, réalisée auprès d’un échantillon non probabiliste de professionnels de soins infirmiers travaillant dans les services de soins intensifs pour adultes des hôpitaux publics et privés, situés dans la ville de Rio de Janeiro et la région métropolitaine de l’État de Rio de Janeiro. Les sujets de recherche étaient 122 professionnels en soins infirmiers – infirmières, techniciens et aides-soignants.

Le groupe de professionnels a été consulté par la méthode de collecte de données en personne et en ligne. Toutes les personnes approchées en personne se sont vu offrir le formulaire de consentement éclairé (TCLE). Après la signature, les participants ont eu accès au questionnaire sociodémographique et de travail, ainsi qu’aux deux échelles. La collection en ligne a été effectuée via le site Web « Survey Monkey », et a suivi les mêmes exigences.

Les procédures éthiques ont été effectuées conformément à la résolution 196 du Conseil national de la santé (Ministère de la santé, 1996), en ce qui concerne la recherche sur les êtres humains. La présente étude a été évaluée sous l’avis incarné de l’Université Salgado de Oliveira sous le numéro 2 998 481 et CAEE: 00379718.9.1001.5289.

Dans la collecte de données ont été appliquées:

a) Questionnaire sociodémographique et de travail. Cet instrument a étudié l’information sociodémographique et professionnelle des professionnels, tels que le sexe, l’âge, l’état matrimonial, l’éducation, la relation de travail, la charge de travail hebdomadaire, la rémunération, entre autres données;

b) Dans l’évaluation des niveaux de workaholism, l’Dutch Workaholism Scale  (DUWAS-10) a été employée ; L’échelle évalue l’ajout au travail dans ses deux dimensions principales, le travail compulsif (TCC) et le travail excessif (ET). Au total, il se compose de 10 éléments évalués par une échelle de likert; L’Dutch Workaholism Scale (DUWAS-10), dans le contexte brésilien, a été adaptée par VASQUEZ et coll., (2018). Les analyses de la version réduite DUWAS-10 suggèrent que la structure unidimensionnelle (Addition) (c2(gl) = 207,60 (35); p < 0,001; FCI = 0,93; TLI = 0,91; RMSEA (90%I.C.) = 0,09 (0,08 – 0,10)) ou deux facteurs obliques (travail excessif et travail compulsif) sont adéquats (2(gl) = 169,68 (34); p < 0,001; FCI = 0,94; TLI = 0,93; RMSEA (90%I.C.) = 0,08 (0,07 – 0,10)

c) Les niveaux d’engagement ont été évalués par l’Utrecht (Utrecht Work Engagement Scale) (UWES). UWES a 17 éléments distribués dans les trois dimensions de l’engagement: vigueur (6 articles), dévouement (5 articles) et absorption (6 éléments). Le questionnaire est répondu sur une échelle Likert en sept points (0 = Jamais/, pas une à 6 = Toujours, tous les jours). Les indices internes de cohérence de la version originale du questionnaire étaient adéquats (Vigor, α = 0,80; Dédicace α= 0,91 et absorption α = 0,7), (SCHAUFELI et al., 2002).

Dans la procédure d’analyse des données, il a été effectué à l’aide du Statistical Package for Social Sciences – SPSS, de la version 19.0, et une analyse descriptive de la nature exploratoire a été effectuée afin d’évaluer la distribution des éléments, les cas omis et l’identification des extrêmes. Nous avons analysé l’existence possible de sous-groupes ou certaines spécificités parmi les participants et l’analyse des fréquences par l’intermédiaire de l’histogramme de fréquence pour identifier les caractéristiques et la distribution des données. L’écart type et les moyens ont également été calculés pour identifier le comportement global de l’échantillon.

La corrélation de Pearson a été effectuée dans la recherche d’une compréhension des relations entre les dimensions des variables et les variables elles-mêmes. L’intersection de ces relations s’est produite entre la vigueur des dimensions, le dévouement et l’absorption de l’engagement, les dimensions du travail excessif et le travail compulsif du workaholism.

3. RÉSULTATS

Un pourcentage plus élevé d’individus (38,5%; n = 47), ont entre 27 et 37 ans. On a observé que 36,0% (n = 44) sont des infirmières, 57,3% (n = 70) des techniciens en soins infirmiers et 6,6% (n = 8) des infirmières auxiliaires. Au total, 60% (n = 73) des travailleurs ont déclaré avoir jusqu’à 10 ans de profession, 56,6% (n = 69) ont déclaré n’avoir aucun autre emploi. Il y avait une prévalence de professionnels qui déclaraient travailler entre 40 et 50 heures par semaine. Un pourcentage plus élevé d’individus avait fait des études secondaires. Certains résultats des caractéristiques sociodémographiques sont présentés dans le tableau 1.

Tableau 1 – Caractéristiques des professionnels des soins infirmiers participant à l’étude. Rio de Janeiro, 2019.

Variables ¡n %
Sexe

Femelle

Mâle

84

38

68,9

31,1

Matrimonial

Seul

Marié

Divorcé/veuf

45

47

30

36,9

38,5

24,6

Scolarité

Niveau techniqueDiplôméExpert

Maître

32

42

23

01

45,9

34,4

18,9

0,8

Catégorie

Infirmière

Technicien en soins infirmiers

Aide-soignante

44

70

08

36,0

57,3

6,6

Poursuit ses études

OuiNonIls n’ont pas répondu
32

69

21

26,2

56,6

17,2

Charge de travail hebdomadaire

Entre 30 et 35 heures

Entre 35 et 40 heures

Entre 40 et 50 heures

Plus de 60 heures

37

21

47

10

30,3

17,2

38,5

9,0

Rémunération

1-2 salaire minimum

2-3 salaire minimum

3-4 salaire minimum

55

24

14

45,1

19,7

11,5

Source : Élaboration des auteurs.

La variable sociodémographique «scolarisation» a montré une corrélation faible et négative avec les niveaux d’engagement des participants (r = – 0,21; p> 0,05). Les indices de bourreau de travail, bien que moyens (M = 1,9; ET = 0,5), n’ont pas montré de corrélation statistiquement significative avec la variable sociodémographique «Âge», comme détaillé dans le tableau 2. La variable sociodémographique «charge de travail hebdomadaire» n’a pas établi de relation statistiquement significative avec les variables du bien-être affectif, du workaholism et de l’engagement.

Tableau 2. Corrélations entre les variables sociodémographiques et de travail.

M Dp 1 2 3 4 5 6
1 -Âge 34,2 8,3
Deux-C.H.S. S. 44,5 1,2 0,21**
3-Scolarisation 2,9 0,9 0,29** 0,05
4-Rémunération 2,4 1,8 0,21** 0,31** 0,66**
5-Engagement 3,3 2,9 0,04 0,04 – 0,21** 0,36**
6-Workaholism 1,9 0,5 -0,01 0,01 0,06 0,05 -0,01 0,03

Note: ** p < 0,001; * p > 0,05. C.H.S= charge de travail hebdomadaire.

Source : Élaboration des auteurs.

4. DISCUSSION

Sur les 122 participants à cette étude, 36,0 % (n = 44) pratiquent la profession infirmière, mais 65 (52,0 %) participants déclarés avoir fait des études de premier cycle, de spécialiste ou de maîtrise. Ce fait démontre qu’une grande fraction des professionnels techniques en soins infirmiers sont qualifiés au-dessus des besoins requis pour leur rôle.

L’engagement est considéré comme un état d’esprit positif, satisfaisant et lié au travail, ce qui implique l’engagement et l’alignement du professionnel avec l’environnement et l’activité professionnelle. Il s’agit d’un état de bien-être affectif, persistant et complet, de nature motivationnelle et sociale, caractérisé par trois dimensions : vigueur, absorption et dévouement (SCHAUFELI, 2017).

Dans cette étude, on a observé que les moyens de cette construction étaient élevés (M=3,3; DP=2.90), compte tenu de l’ensemble des professionnels participants. Compte tenu de ces valeurs et du fait d’une association faible et négative entre les variables explorées, on peut déduire que l’engagement dans les professionnels intensivistes en soins infirmiers n’est pas fortement déterminé par leur qualification, ce qui ne permet pas de corroborer l’hypothèse une de cette étude. Dans un segment professionnel où les professionnels de niveau intermédiaire représentent la majeure partie du nombre de travailleurs, ce résultat montre un gain potentiel, compte tenu de tout engagement et de toute implication dans le travail des participants.

Dans le même temps, il y avait une association forte et positive entre les indices de scolarité et de rémunération (r=0,66; p > 0,05). Les professionnels en soins infirmiers perçoivent qu’à mesure qu’ils cherchent à obtenir une plus grande qualification, de nouveaux défis et de nouvelles possibilités se présentent, ce qui se traduit par des gains salariaux plus élevés.

À l’intérieur de l’hôpital, les unités de soins ont des caractéristiques spécifiques, qui varient selon le type de soins effectués, le profil des patients et leur durée de séjour. Le contexte des soins intensifs exige une haute performance de la part des professionnels en soins infirmiers, ce qui peut se traduire par une plus grande implication dans le travail, quel que soit leur poste (OLIVEIRA  et al., 2018).

Les travailleurs engagés travaillent et agissent de façon proactive, se concentrent sur les objectifs qu’ils ont l’intention d’atteindre et sont conformes à ce qui est bon pour l’organisation et ses clients. Ils sont généralement persistants, même si le travail ne suit pas comme prévu (BAKKER  et al., 2017).

Un pourcentage plus élevé de participants ont déclaré être âgés de 27 à 37 ans (n = 47; 38,5 %), une proportion se rapprochant d’une étude nationale qui a vérifié le profil sociodémographique des soins infirmiers brésiliens (MACHADO  et al., 2016). À ce stade de la vie professionnelle, les individus sont en pleine activité de leurs fonctions cognitives, techniques et pratiques, jouent un rôle important sur le marché du travail et sont prêts à travailler pendant de longues heures et périodes. Cependant, nos résultats ne nous permettent pas de corroborer la deuxième hypothèse proposée, qui prédisait que le workaholism serait plus répandu dans ce groupe d’âge.

Une étude nationale récente a évalué l’âge des professionnels des soins infirmiers et leur association avec les taux d’engagement au travail et a révélé que les professionnels âgés de moins de 34 ans et plus de 40 ans se sont montrés plus engagés. (GARBIN et al., 2019). Dans une analyse parallèle, nous avons observé que 62,5 % (n = 30) des professionnels âgés de moins de 37 ans ont déclaré qu’ils continuaient d’étudier, cherchant des niveaux d’éducation plus élevés.

Ce panorama, associé aux niveaux d’engagement élevés trouvés dans cette étude, aide à comprendre ce groupe d’intensivistes comme étant engagé et non workaholics, car ils justifient leur plus grand engagement à travailler à la recherche de meilleurs salaires. Le workaholism sest caractérisé par la contrainte ou le besoin incontrôlable de travailler sans cesse, cependant, ce besoin n’est pas satisfait ou dirigé vers des gains matériels. workaholism est un phénomène psychosocial relativement récent, mais avec des conséquences très négatives sur la santé du travailleur (ZEIJEN et al., 2018).

La variable sociodémographique « charge de travail hebdomadaire » n’a pas établi de relation statistiquement significative avec les variables de résultats workaholismet engagement, corroborant l’hypothèse 3 de cette étude. Conceptuellement, la charge de travail hebdomadaire est le nombre d’heures résultant de la somme des heures de travail en semaine (BRASIL, 1988). Il existe une règle établie de 08 heures par jour, dans les 44 heures par semaine, et toute réduction doit être observée par contrat.

Il convient de noter que le Conseil fédéral des soins infirmiers (Cofen), par la résolution n° 293/2004, a réglementé une journée de travail hebdomadaire de 36 heures pour les activités de soins et de 40 heures par semaine pour les activités administratives. Au cours des 20 dernières années, cette catégorie s’est battu pour un maximum de trente heures par semaine, soit environ 2 295/2000 (OLIVEIRA  et al., 2018).

Effectivement, ce que nous avons fait dans la remise en question sociodémographique et de travail de cette étude était d’enquêter sur la charge de travail hebdomadaire des professionnels des soins infirmiers travaillant dans les services de soins intensifs. On a constaté qu’en moyenne, 38,5 % (n = 47) ont déclaré travailler entre 40 et 50 heures par semaine et 9 % (n=10) au-dessus de 60 heures par semaine. Nous soulignons que cette journée de travail totale déclarée, ne mentionne pas ou n’inclut pas les heures supplémentaires travaillées dans les établissements hospitaliers eux-mêmes, ne se réfère qu’aux contrats de travail officiels en vigueur.

Au cours des 40 dernières années, certaines définitions ont émergé sur le workaholism, qui ont limité le phénomène à ceux qui travaillent plus de 50 heures par semaine. Étant donné que le travail contemporain est marqué par la compétitivité et la participation des travailleurs, il est évident qu’une grande partie de la main-d’œuvre infirmière pourrait s’intégrer parfaitement à cette définition.

Toutefois, compte tenu exclusivement du nombre d’heures travaillées est insuffisant, puisque la relation de l’individu avec le travail est plus représentative que cela, et le workaholism s’est montré être un phénomène multifactoriel complexe (ZEIJEN et autres, 2018). Les exigences de travail pour les professionnels en soins infirmiers dans le contexte des soins intensifs sont multiples et sont impliquées dans la prise de nombreuses décisions rapides, l’observation continue des patients, et souvent prendre soin des membres de la famille ayant des besoins émotionnels (SANTOS et al., 2007).

Les Workaholics investissent beaucoup d’efforts dans leur travail, qu’il soit physique ou psychologique, ce qui leur laisse moins de ressources à consacrer à leur famille, ce qui entraîne des sacrifices dans leur vie personnelle. Dans la pratique professionnelle, workaholism est associé comme un prédicteur potentiel du syndrome d’Burnout  (ZEIJEN et al., 2018).

Habituellement, ce processus résulte d’un effort supplémentaire au travail, où l’employé emploie des quantités excessives d’énergie, et cette réponse peut varier d’une personne à l’autre. Dans des milieux de travail critiques comme les soins intensifs, les infirmières cherchent à remplir des fonctions cherchant à faire de leur mieux, parfois même à épuiser, pour atteindre les objectifs nécessaires et fournir des soins de qualité (CRUZ  et al., 2008).

Il convient de mentionner que les variables sociodémographiques « charge de travail hebdomadaire » et « rémunération » établissent une relation statistiquement positive et significative (r= 0,31; p > 0,05). Cette condition montre que les professionnels des soins infirmiers recherchent de meilleurs salaires au détriment d’une augmentation significative et dégradante de la charge de travail hebdomadaire, comme d’autres études menées dans le contexte national (MACHADO et al.; 2016; OLIVEIRA et al., 2018). Ces résultats réaffirment la dévaluation des professionnels de l’infirmière, même dans un scénario aussi entouré de spécificités et de la nécessité d’une spécialisation que celle des soins intensifs (OLIVEIRA et al., 2018; SILVA et al., 2013).

Les professionnels des soins infirmiers reconnaissent l’environnement hospitalier comme un endroit où il est nécessaire de maintenir des vies fragiles sous surveillance et des soins, et que pour cela, les connaissances techniques, les compétences et les compétences associées au contrôle émotionnel sont essentielles au maintien de ces vies. Dans les unités critiques, comme les services de soins intensifs, certains facteurs sont généralement signalés comme défavorables dans les processus de travail, comme les alarmes émises par les moniteurs cardiaques, les pompes à perfusion et les ventilateurs mécaniques, les conversations bruyantes dans les couloirs, l’ouverture et la fermeture violente des portes et la chute d’objets, en plus du trafic excessif de personnes dans l’unité (SANTOS et al., 1999). , 2007). Ces facteurs peuvent accroître la demande de travail des professionnels des soins infirmiers qui travaillent dans les services de soins intensifs.

D’un point de vue conceptuel, il convient de noter qu’il existe une différence importante entre la demande et la charge de travail hebdomadaire. Les exigences de travail décrivent les aspects physiques, psychologiques, organisationnels et sociaux de l’environnement de travail et désignent l’engagement physique psychologique et cognitif et/ou l’effort, par conséquent, elles sont associées aux coûts pour les employés (BAKKER  et al., 2017).

Les caractéristiques du travail en soins infirmiers elles-mêmes exigent de multiples exigences, qui découlent de la complexité des soins fournis, de l’environnement de travail lui-même et des exigences découlant à la fois de la prestation de soins aux patients et de l’hôpital lui-même. Ainsi, nous avons établi une limitation de cette étude, puisque les caractéristiques des exigences de travail des professionnels intensivistes en soins infirmiers n’ont pas été explorées, ne leur permettant pas d’être associées aux variables analysées.

5. CONCLUSION

Le but de cette étude était d’analyser comment les variables sociodémographiques expliquent les niveaux d’engagement et de workaholism dans le travail des professionnels intensivistes de soins infirmiers. On a observé que la scolarité, l’âge et la charge de travail hebdomadaire des élèves n’établissaient pas de relations statistiquement significatives avec les variables de résultats explorées.

Toutefois, certaines associations en parallèle étaient statistiquement significatives et doivent être valorisées afin de préserver la santé des professionnels des soins infirmiers dans les services de soins intensifs. La scolarité n’était pas positivement liée aux niveaux d’engagement, mais elle était positivement associée à la charge de travail hebdomadaire, ce qui à son tour avec les niveaux de rémunération. Cela nous a amenés à comprendre que les professionnels travaillent plus longtemps en échange d’un salaire décent, ce qui réduit leur temps libre et leur vie familiale et sociale.

Ce contexte souligne la nécessité de valoriser le professionnel intensif des soins infirmiers sur le marché du travail. Il est donc entendu que la définition juridique d’une journée de travail hebdomadaire de trente heures peut renforcer la science infirmière et préserver la santé de ces professionnels.

Bien qu’il ait présenté des niveaux moyen, le workaholism n’a pas été associé à l’âge des participants, un facteur positif étant donné les caractéristiques de l’échantillon en question. Toutefois, on a perçu la nécessité d’explorer et de différencier conceptuellement les exigences hebdomadaires en matière de charge de travail. Cela suggère de nouvelles recherches dans ce domaine. Aucune association n’a été perçue entre l’engagement et le workaholism, ce qui renforce l’idée de constructions distinctes.

L’avancement des connaissances scientifiques dans ce domaine peut être un pilier afin d’offrir à l’avenir l’ascendance sur les politiques publiques visant à aider à améliorer la santé des travailleurs. Nous considérons pleinement que les objectifs de cette étude sont pleinement atteints, et qu’elle contribue dans la littérature scientifique à mieux comprendre le phénomène émergent workaholism et ajouter à d’autres existants en ce qui concerne la construction de l’engagement.

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[1] Maîtrise en psychologie sociale de l’Université Salgado de Oliveira; Master en soins intensifs par Ibrati; Spécialiste en soins infirmiers médicaux – Intensif; Spécialiste en soins infirmiers en oncologie; diplômé en soins infirmiers.

[2] Conseiller d’orientation. Doctorat en psychologie.

Soumis : novembre 2020.

Approuvé : décembre 2020.

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